Le cantique évangélique des Complies

Bénédicte Ducatel,

Comme aux laudes et aux vêpres, un cantique évangélique couronne la prière des complies : celui de Syméon, homme juste et religieux, qui attendait la Consolation d’Israël et se laissait conduire par l’Esprit Saint (cf. Lc 2, 25).

Le cantique du Nouveau Testament qui prend place après la lecture et son répons est « en quelque sorte le sommet de toute cette Heure liturgique » (PGLH 89) pour deux raisons. 

La première, c’est qu’il s’agit de l’Évangile, et, bien qu’il soit chanté sur une psalmodie simple, il est entouré de signes de vénération qui le distinguent du reste de l’office. L’assemblée se tient debout et se signe au début du chant, comme c’est le cas pour le cantique de Zacharie, aux laudes, et celui de Marie, aux vêpres. 

La seconde raison tient au texte lui-même et au contexte évangélique dans lequel il a été prononcé, à savoir la présentation de Jésus au Temple, première offrande du Christ à son Père. Syméon, qui assume en sa personne l’attente de tout Israël, reconnaît que le salut vient à lui en la personne du Christ dont la divinité est voilée sous les traits d’un enfant nouveau-né. Cette rencontre avec le Christ, Syméon la vit dans la paix parce que l’ayant cherchée et désirée tout au long de sa vie, il la goûte dans la joie. Ainsi, par le chant du cantique de Syméon, nous affirmons notre joie de recevoir le salut. Toute vie, comme celle de Syméon, est orientée vers sa fin ultime, à savoir la vie éternelle, et chaque soir nous en reprenons conscience de manière plus vive. Syméon nous redit que le salut ne se reçoit que dans le dépouillement de tout nous-mêmes. C’est à cette condition que nous serons capables de vivre en Dieu seul.

L’antienne est commune à chaque jour de la semaine. Il s’agit d’une invocation confiante : « Sauve-nous, Seigneur, quand nous veillons ; garde-nous, Seigneur, quand nous dormons : nous veillerons avec le Christ et nous reposerons en paix ». Seules les antiennes des samedis et dimanches sont affectées par le temps liturgique. Avent : « Avant de connaître la mort, tu verras le Christ, ton Sauveur » ; Noël : « J’ai vu de mes yeux le Sauveur : lumière des peuples » ; Carême : « Dieu saint, Dieu fort, Dieu immortel, ta pitié soit sur nous ! » Temps pascal : « Le Seigneur est ressuscité, alléluia ; il nous remplit de sa lumière, alléluia ». Ce qui est en jeu, c’est la foi dans le mystère pascal qu’énoncent et soutiennent ces antiennes.

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