Collection « Célébrer » : La liturgie des Heures. Prier au fil du temps

Ce treizième volume de la collection Célébrer invite à redécouvrir et à vivre en profondeur la richesse de la liturgie des Heures, « prière du peuple de Dieu tout entier » (saint Paul VI). D’une autre manière que l’eucharistie, en leur permettant de « prier au fil du temps », cette prière des Laudes, des Vêpres, de Complies… peut aider en effet tous les baptisés, quel que soit leur état de vie, à suivre le Christ en son mystère pascal.

Héritière de la prière d’Israël, la prière des Heures est loin d’être réservée à la vie monastique ou cléricale : elle s’adresse à l’ensemble des baptisés. Elle n’est pas un élément de dévotion comme le chapelet, les neuvaines ou les pèlerinages mais elle est « la » prière de l’Église et, comme l’eucharistie, elle les plonge dans le mystère pascal. Chant de louange, elle accompagne le temps qui passe et sanctifie les croyants de toutes confessions en unissant leur prière à celle du Christ, que l’Esprit porte vers son Père.

Ce treizième volume de Célébrer apporte des éclairages sur la place de la liturgie des Heures dans l’Église. Il encourage à prendre part à ces offices qui rythment la vie de communautés religieuses, qui sont parfois proposées aussi dans les paroisses mais peuvent trouver un écho chez tous les fidèles en quête de spiritualité. 

Conformément à l’approche de la collection, ce volume alterne le récit liturgique, la relecture mystagogique et l’approfondissement théologique pour aider chacun à vivre pleinement l’acte du chant dans la liturgie. Des QR Codes rendent accessibles divers articles complémentaires, souvent plus pratiques, disponibles sur liturgie.catholique.fr.

Présentation

Spontanément rangée dans l’escarcelle des clercs et des religieux, tous ordres confondus, la liturgie des Heures est le parent pauvre de la vie ecclésiale. Mal connue, parfois mal aimée et la plupart du temps mal comprise, elle est souvent regardée avec méfiance tant elle semble difficile d’accès. Pourtant l’Église la tient en très grande estime et ce depuis la plus haute antiquité chrétienne. Qu’a-t-elle donc de si précieux à nous donner ? L’essence même de la vie chrétienne, le mystère pascal du Christ. À l’instar de la célébration eucharistique, la liturgie des Heures nous met en contact avec ce mystère de mort-résurrection-glorification qui nous sauve et nous donne la vie.

Elle mérite donc que les fidèles que nous sommes s’en approchent et s’y intéressent, non seulement d’un point de vue pratique, mais d’abord spirituel puisque la prière est un don de l’Esprit transmis aux croyants.

Il s’agit donc de faire sa demeure dans la prière de l’Église. Lorsque nous entrons dans une famille, nous observons ses habitudes, ses comportements ; il en va de même pour notre tradition. Nous avons besoin de découvrir la manière de nous comporter dans la prière. Les gestes, les attitudes ont un sens, les comprendre permet de les habiter de l’intérieur. Ainsi, peu à peu, nous entrons dans la prière et découvrons à quel point elle est la vocation première de l’Église pour autant que la prière soit un espace d’émerveillement, de louange et d’intercession en vue d’une rencontre de salut. Nous apprenons à respirer avec le corps du Christ en prière, à plonger nos racines dans la prière d’Israël. Dès lors, nous pourrons habiter la prière des Heures comme un héritage à conserver et à transmettre parce qu’il est « eucharistie de joie qui sauve le monde » (Encore un peu de temps, hymne du temps de l’Avent)

L’Église n’a rien inventé, la prière lui est toujours antécédente. En effet, d’une certaine manière, elle a reçu la liturgie des Heures du Christ lui-même, lui qui « a introduit dans notre exil terrestre le chant qui se chante éternellement dans les demeures célestes », comme le dit si bien la Constitution sur la liturgie (SC 83). Il est le premier priant, celui qui prie en nous et pour nous, si bien qu’il ne nous reste presque plus qu’à le laisser chanter en nous. Lui-même est le chant qui monte sur nos lèvres, le psaume qui transfigure le tout de nos vies. Par son chant de salut, il nous rend participant à son mystère pascal et, partant, fait de la liturgie des Heures un événement de salut pour l’humanité tout entière. 

Loin de nous tenir à distance des réalités de ce monde, la liturgie des Heures se fait le lieu de l’incarnation du Christ au cœur de l’humanité. Ainsi maintient-elle vivant le chant du Christ ce qui fait d’elle un chant. Et celui-ci permet de donner voix à la Création, d’habiller la prière avec les mots d’aujourd’hui à travers les hymnes, d’accompagner, d’Heure en Heure, le temps qui passe, de sanctifier les croyants en les plongeant dans le mystère pascal, d’unir la terre et le ciel dans une même louange, mais également de rassembler les baptisés de toutes les confessions dans une même prière : celle du Christ à son Père portée par l’Esprit. 

La liturgie des Heures n’est pas un élément de dévotion comme le chapelet, les neuvaines ou les pèlerinages, elle n’est pas réservée à quelques privilégiés instruits, elle est « la » prière de l’Église au même titre que l’eucharistie sacramentelle. L’une et l’autre sont un sacrifice de louange ; l’une et l’autre, selon leur mode propre, nous font participer au mystère pascal. La liturgie des Heures est le chant du Christ en son corps rassemblé. Il nous appartient de le faire entendre aujourd’hui et demain, et toujours. 

Bénédicte Ducatel

La Maison-Dieu n° 317

Sur TV.catholique.fr

Dans ``Paroles d'évêques``, Mgr Emmanuel Gobilliard nous parle de la liturgie des heures.

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