Le Carême

carême, pain et eau

Le mot « carême » vient du latin « quadragesima ». Il désigne la période de quarante jours pendant laquelle l’Eglise se prépare à Pâques par une vie chrétienne plus intense et par diverses pratiques de pénitence.

Canoniquement, pour le jeûne, le carême de l’Eglise latine commence le mercredi des Cendres et s’achève le samedi saint à midi.

De nos jours, les liturgistes ont coutume d’y distinguer deux « temps liturgiques », celui du Carême proprement dit et celui de la Passion, qui commence aux premières vêpres du dimanche de la Passion, c’est-à-dire du dimanche des Rameaux.

Les origines du carême

A la suite de saint Jérôme et de saint Léon, certains auteurs attribuent au carême une origine apostolique ; d’autres nient qu’il ait existé avant le IVème siècle. Au départ, le jeûne primitif de la semaine sainte était, si possible ininterrompu, et on s’y livrait pour accomplir la parole du divin Maître : « Des jours viendront où l’Époux sera enlevé à ses disciples, et alors ils jeûneront » (Luc 5,35).

Dans les Eglises issues de la gentilité, on jeûnait au moins pendant les quarante heures commémoratives de la disparition du Sauveur, c’est à dire du vendredi soir au dimanche matin. Dans les Eglises d’origine judéo-chrétienne, on commençait à jeûner dès le lundi, parce qu’on regardait ce jour comme le point de départ du complot des pharisiens pour faire mourir Jésus, donc comme le commencement de la disparition de l’Époux, et parce que la coutume juive enjoignait aux Hébreux de se nourrir pendant sept jours du « pain de l’affliction » au temps de la Pâque. Ainsi le jeûne primitif de la Semaine Sainte nous apparaît-il en définitive comme un jeûne de compassion et de deuil pour la disparition de l’Époux ; ce n’est pas un jeûne préparatoire à la célébration du mystère, mais un jeûne qui l’accompagne.

Il semblerait que la préoccupation de l’Eglise dans l’institution nouvelle ait été la préparation immédiate des catéchumènes au baptême, préparation qui durait quarante jours, ainsi que celle des pénitents admis à être réconciliés le jeudi-saint ; mais à ces deux catégories de sujets l’Eglise entendait bien associer par la même occasion tous les fidèles parce que c’est le corps mystique tout entier qui doit mourir et ressusciter avec le Christ pour se renouveler en lui dans les solennités pascales.

Le Seigneur n’a jamais séparé dans son enseignement le jeûne de l’aumône et de la prière (Mt 6, 1-18). Les Pères de l’Eglise devaient le rappeler chaque année au peuple avec insistance, comme en témoignent en particulier les sermons de saint Léon le Grand. Aussi le jeûne s’accompagna-t-il toujours de réunions de prières à l’écoute de la parole de Dieu.

C’est ainsi que, dès le temps d’Augustin et de Chrysostome, le carême possédait les traits qu’il devait conserver par la suite : temps de jeûne, de partage et de prière pour tout le peuple chrétien, temps de préparation au baptême pour les catéchumènes et de préparation à la réconciliation pour les pénitents.

Réf. Missel du Dimanche

Le mot Carême (quadragésime) veut dire quarante. Les quarante jours du Carême vont nous permettre de revivre avec le Christ au désert les quarante années de la marche des Hébreux vers la terre promise. Au long de ces années, le peuple qui guidait Moïse eut souvent faim et soif, parfois il se découragea, mais il fit surtout l’expérience unique de la tendresse de Dieu envers lui.

C’est la même expérience d’intimité avec Dieu que souhaite revivre toute la communauté des croyants, baptisés ou candidats au baptême, alors qu’elle se met en route vers la Pâque, pour y trouver « la joie d’un cœur unifié » dans la communion au Christ mort et ressuscité.

Approfondir le Carême

Le mercredi des Cendres marque l’entrée en Carême. Le prêtre trace avec la cendre un signe de croix sur le front des fidèles en les appelant à se convertir et à croire à l’Évangile.

  • cierge pascal

    Des cendres au feu de la Pentecôte   

    Par Bénédicte Ducatel, Collaboratrice à Magnificat   La logique naturelle veut que l’on passe du feu aux cendres ; du feu chaleureux, qui consume tout, aux cendres inertes et froides. Le feu consume ce qui le fait vivre si bien qu’il en meurt. La liturgie nous fait entrer dans une autre logique, la logique divine, qui met […]

  • 13 février 2013 : Première messe en la cathédrale éphémère de Créteil, lors de la célébration des Cendres. Créteil (94), France.

February 13, 2013: Mass of Ashes celebrated by father Gilles GODLEWSK, in the ephemeral cathedral of Creteil, France.

    « Convertissez-vous et croyez à l’Évangile » Mc 1, 15

    13 février 2013 : Première messe en la cathédrale éphémère de Créteil, lors de la célébration des Cendres. Créteil (94), France. Par Christophe de Dreuille, Supérieur du séminaire d’Aix en Provence   La conversion, chez saint Marc, est rattachée à l’accomplissement des temps et consiste à croire en l’Évangile. L’enracinement vétérotestamentaire de ce dernier terme […]

  • March 5, 2014 : Ash wednesday celebration, Paris (75) France.

    Mercredi des Cendres, entrée en Carême

    5 mars 2014 : Mains du prêtre au-dessus du plateau recueillant les Cendres pour la célébration d’entrée en Carême, paroisse Saint-Denys du Saint-Sacrement, Paris (75) France. Par Dominique Cadet « Demandons au seigneur de bénir ces cendres dont nos fronts vont être marqués en signe de pénitence ». Au cours de la célébration, après l’écoute […]

  • partition 6

    Proposition de chants pour le temps du Carême (année B)

    Par Agnès Pinardel-Minier, Adjointe du département Musique du Service National de Pastorale Liturgique et Sacramentelle   Le temps du Carême est un temps de conversion. Il repose sur la prière, la pénitence et le partage afin de préparer nos[...]

  • Fleurir en carême

    Faut-il fleurir pendant le Carême ?

    Par Soeur Marie Nathanaël Gagelin - PSSE   Ce qui se fait Depuis de nombreuses années, les fleurs sont dans nos églises même pendant le Carême. Si tel est le cas, leur présence doit être sobre, simple et discrète,[...]

  • (C) CIRIC

    Le Carême des baptisés

    Par Philippe Barras Si le Carême est bien le temps de la préparation ultime des catéchumènes, il est aussi pour tous les baptisés le temps de la conversion qui prépare à la grande[...]

  • 27 novembre 2016 : Célébration de la messe dominicale, 1er dimanche de l'Avent. Inclination profonde des prêtres et diacres devant l'autel. Paroisse Saint-Ambroise, Paris (75), France.

    Le violet et ses nuances

    Par Bernard Maitte, Prêtre, professeur au séminaire d’Aix et[...]

Réf. Missel du Dimanche  La pénitence du Carême est orientée vers Dieu, qu’elle honore, et vers nos frères, qu’elle réconforte. En elle s’exprime avec exceptionnelle vigueur l’humble soumission du disciple de Jésus au double commandement de l’amour. L’une des préfaces de ce temps a su trouver les mots pour le dire : « Tu accueilles nos pénitences, Seigneur, comme une offrande à ta gloire ; car nos privations, tout en abaissant notre orgueil, nous invitent à imiter ta miséricorde et à partager avec ceux qui ont faim (Pr 3). »

  • baptême scrutin adulte

    Les scrutins : trois rites pénitentiels pour les catéchumènes durant le Carême

    Selon un article d’Odette Sarda et de Dominique Sentucq Un temps de retraite et de conversion Cette célébration ouvre, pour les catéchumènes le temps appelé « de la purification et de l’illumination » car cette période est un temps de retraite spirituelle et de conversion durant le temps du carême. Les baptisés sont appelés eux […]

  • (C) CIRIC

    Le Carême des baptisés

    (C) CIRIC Par Philippe Barras Si le Carême est bien le temps de la préparation ultime des catéchumènes, il est aussi pour tous les baptisés le temps de la conversion qui prépare à la grande fête pascale. L’un d’ailleurs ne va pas sans l’autre : c’est parce qu’il est « temps de la purification et de […]

Approfondir votre lecture

  • 29 mars 2013 :  Chemin de croix du Vendredi saint à Saint-Nicolas-des-Champs, Paris (75), France.

March 29, 2013 : Good Friday. Way of the cross in Paris (75), France.

    Chemin de croix, de l’évangile aux psaumes

    Cet article intervient en supplément du numéro 389 de la revue Célébrer, paru en janvier-février 2012 – La rubrique Chrétiens en prière (Célébrer, p. 42-43) vous a présenté un chemin de croix composé d’extraits de psaumes. Le voici en intégralité. C’est une évocation de tous ceux qui souffrent aujourd’hui.

  • 27 novembre 2016 : Célébration de la messe dominicale, 1er dimanche de l'Avent. Inclination profonde des prêtres et diacres devant l'autel. Paroisse Saint-Ambroise, Paris (75), France.

    « Détendre la sacramentalité » de la Semaine sainte

    Par Arnaud Toury, Prêtre, délégué de pastorale liturgique et sacramentelle du diocèse de Reims Reconsidérer la semaine sainte à la lumière d’une réflexion théologique issue de la sacramentaire permet de mieux la saisir dans son lien dynamique à l’année liturgique et à la célébration dominicale, transfiguration du temps. « Détendre la sacramentalité » Louis-Marie Chauvet a forgé […]

  • 29 mars 2013 :  Chemin de croix du Vendredi saint à Saint-Nicolas-des-Champs, Paris (75), France.

March 29, 2013 : Good Friday. Way of the cross in Paris (75), France.

    Célébrer la semaine sainte en « zone périurbaine »

    29 mars 2013 : Chemin de croix du Vendredi saint. Par Gilles Drouin, Prêtre du diocèse d’Évry, chargé d’enseignement au séminaire d’Issy les Moulineaux et à l’Institut Supérieur de Liturgie du Theologicum (ICP).  On parle peu de ces zones ni vraiment rurales, ni urbaines, des zones grises qu’on qualifie volontiers du vilain mot de périurbain. Elles […]