Église

L’ekklèsia, chez les Grecs, était l’assemblée des citoyens libres réunis par convocation (ek-kaléô). L’Église est l’assemblée du Peuple de Dieu, convoquée par Dieu et pour Dieu, en vue de la célébration de l’Alliance.

Dans l’Ancien Testament déjà, Israël est né comme Peuple de Dieu au « Jour de l’Assemblée » (Dt 9, 10 ; 10, 4 ; 18, 16), lors de son consentement à l’Alliance avec Yahvé (Ex 24). Le Qehal-Yahvé est l’exact antécédent de l’Église ; dans la traduction grecque de l’Ancien Testament que l’on appelle la Septante, le mot hébreu qâhâl est le plus souvent traduit par ekklèsia ; on peut remarquer l’assonance qui existe entre le verbe hébreu qâhal (« convoquer ») et le verbe grec kaléô (« appeler ») : on retrouve les mêmes consonnes fondamentales q ou k et l. Il faut surtout remarquer que le Peuple de Yahvé naît comme Peuple dans une liturgie d’alliance : son identité est donc liturgique.

L’Église du Nouveau Testament est l’assemblée des fils de Dieu dispersés (Jn 11, 52), ramenés à l’unité de la Trinité (17, 11.21.22) grâce au sang du Christ (Ac 20, 28). L’Église est fécondée à la Croix, par l’Esprit, l’eau et le sang (Jn 19, 30.34 ; 1 Jn 5, 6-8), donc au cœur du sacrifice unique de la nouvelle Alliance ; elle naît à la Pentecôte, dans l’effusion de l’Esprit Saint, comme assemblée célébrant les merveilles de Dieu (Ac 2, 11). Saint Pierre ne reprend-il pas les titres liturgiques de l’Assemblée du Sinaï, quand il déclare aux fidèles : « Vous êtes une race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple acquis, pour proclamer les louanges de Celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière, vous qui jadis n’étiez pas un peuple et qui êtes maintenant le Peuple de Dieu » (1 P 2, 9-10 ; cf. Ex 19, 5-6) ?

La nature même de l’Église est donc liturgique et c’est dans la célébration de la liturgie que l’Église exprime le plus complètement ce qu’elle est, et ce qu’elle devient de plus en plus : le Peuple-Épouse qui, grâce à son union avec l’Époux, et fécondé par son Esprit, entre dans l’échange trinitaire, réalité ultime de la liturgie. Les rencontres liturgiques de la terre, centrées sur l’Eucharistie, ne cessent de rassembler l’Église, du fait de l’initiative divine, efficacement signifiée par le ministère sacré, pour qu’elle consente à l’Alliance et qu’elle chante les merveilles de Dieu. Les églises, lieux de rassemblement de l’Eglise, tirent leur noblesse de la rencontre d’alliance entre Dieu et son Peuple, rencontre dont elles sont le théâtre. Les solennelles cérémonies de la dédicace les rendent aptes à devenir les « Tentes du Rendez-vous » de la nouvelle Alliance.

Dom Robert Le Gall – Dictionnaire de Liturgie © Editions CLD, tous droits réservés

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