Médiateur

Le médiateur est celui qui exerce une médiation entre des person­nes ou des groupes de personnes, en vue de les concilier ou de les réconcilier. Selon l’expression de saint Paul dans sa Première épître à Timothée, « Dieu est unique, unique aussi le médiateur entre Dieu et les hommes, le Christ Jésus, homme lui-même, qui s’est livré en rançon pour tous » (2, 5). Moïse avait été le médiateur de l’Alliance au Sinaï, mais il n’était qu’un homme, quels qu’aient pu être son intimité avec Yahvé et le degré de son insertion dans la Gloire divine. « A présent, le Christ a obtenu un ministère d’autant plus élevé que meilleure est l’Alliance dont il est le médiateur » (He 8, 6 ; cf. 9, 15 ; 12, 24). Pleinement Dieu et pleinement homme, le Christ Jésus est parfaitement à même de réunir Dieu et les hommes : il n’est pas seulement au milieu d’eux, mais il est à la fois Dieu et homme.

La Personne du Verbe incarné est l’Alliance nouvelle et éternelle, que rien ne saurait rompre désormais. On ne peut pas dire, cependant, que le Christ soit médiateur pour lui-même : homme et Dieu, il est celui qui réconcilie les hommes et Dieu, celui qui ramène l’humanité au Père.
Si le Christ est l’Alliance, 1′ « Ange de l’Alliance » (cf. Mal 3, 1), et si la liturgie est la rencontre de Dieu et de son Peuple pour la célébration de leur Alliance (voir Alliance, Liturgie), on comprend que la médiation du Christ soit au cœur de la liturgie. N’est-il pas significatif de constater que le premier document du Magistère sur la liturgie, en tant que telle, commence par les mots Mediator Dei et hominum (Encyclique de Pie XII, 20 novembre 1947) ?

Le sacerdoce du Christ est fondé sur sa qualité de Médiateur ; son acte central est le sacrifice du Calvaire, sans cesse actualisé dans l’Eucharistie. Toute la liturgie, selon la Constitution sur la sainte Liturgie du deuxième concile du Vatican, est « l’exercice de la fonction sacerdotale de Jésus Christ » (n° 7) qui, en acte, unit l’Église à sa vie de Fils.

La vie du Fils consiste à se recevoir du Père, qui l’engendre dans le Souffle d’amour de l’Esprit, et à refluer vers le Père dans l’élan de ce même Esprit. La médiation du Fils incarné, comme sa Personne, est liée à l’Esprit Saint ; la mission du Fils et la mission de l’Esprit-Paraclet sont coordonnées : le Verbe incarné, envoyé par le Père, est ce Verbum spirans Amorem qui, engendré dans l’Amour, donne l’Amour, c’est-à-dire l’Esprit. L’œuvre médiatrice du Fils et de l’Esprit, dans l’histoire du salut* et dans la vie éter­nelle des élus, procure aux enfants de Dieu la capacité d’exercer la vie trinitaire, en position de fils. Au cœur de cette vie divine des Trois, l’Esprit pourrait être dit « Médiateur », en ce sens qu’il est le lien personnel, le « baiser » et l’unité du Père et du Fils. Les missions et les médiations du Verbe incarné et de l’Esprit-Paraclet, au bénéfice des créatures spirituelles rachetées et sanc­tifiées, permettent à ces dernières d’entrer dans le flux et le reflux de la liturgie éternelle, échange du Père et du Fils « dans l’unité du Saint-Esprit ». Voir Esprit Saint, Épiclèse, Sacerdoce.

Dom Robert Le Gall – Dictionnaire de Liturgie © Editions CLD, tous droits réservés

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