Bible

Entre la Bible et la liturgie, les affinités sont profondes ; ce n’est pas fortuitement que les textes liturgiques sont, pour l’essentiel, extraits de l’Écriture. La Bible, d’abord, est née dans un milieu liturgique. Les traditions orales se sont développées à l’occasion et en vue des assemblées cultuelles. Dieu réunit son Peuple pour qu’il écoute sa Parole. La liturgie est le haut-lieu de cette Parole ; avant d’être écrite, elle est proclamée, et, une fois écrite, elle ne retrouve sa pleine dimension que dans le cadre de l’annonce liturgique. La liturgie reste, pour toutes ces raisons, le lieu intégral où la Bible peut être actualisée. En outre, la Sainte Écriture, telle que nous la recevons, est le résultat d’une coopération entre Dieu, auteur principal, et les auteurs inspirés. Elle peut donc représenter le type d’une synergie ou collaboration entre Dieu et l’homme — qui structure toute activité de foi et particulièrement la liturgie. Cette dernière ne se définit-elle pas comme l’Œuvre de Dieu, c’est-à-dire comme l’agir divin pour son Peuple, coordonné à la réaction vivante du Peuple unifié par son Dieu ? Enfin, la liturgie se compose principalement de textes scripturaires, en dehors même des lectures proprement dites. Chacun peut noter ce qui, dans une messe, est emprunté à la Bible ou directement inspiré d’elle : un tel constat a de quoi étonner. Le missel semble être fait pour enchâsser l’Écriture, en lui associant la réponse vivante de l’Église. Un missel, c’est plus que la Bible, car c’est la Bible reçue vitalement, la Bible célébrée; il comporte à la fois la Parole de l’Époux et le frémissement de l’Épouse qui lui répond. A tel point que si l’on devait choisir entre une Bible et un missel, il faudrait opter sans hésiter pour le missel, car, il contient non seulement les pages essentielles de la Bible, mais encore la façon de la recevoir et de la comprendre. Même si l’on n’est pas à la messe, le missel ne nous laisse pas seuls devant la Bible : grâce à lui, c’est avec toute l’Église, avec toute sa tradition séculaire, qu’on découvre le dessein de Dieu pour s’y laisser insérer. Pour la liturgie des Heures, la part de l’Écriture est encore plus importante que pour la messe. La substance de l’office divin est constituée par les Psaumes : il est significatif que nous répondions à la Parole de Dieu par des paroles humaines inspirées par Dieu. Les compositions ecclésiastiques sont, d’une certaine manière, le prolongement d’une telle réponse inspirée à la Parole divine.

Dom Robert Le Gall – Dictionnaire de Liturgie © Editions CLD, tous
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